Film de clôture

SILENT FRIEND

Allemagne, France, Hongrie
2026
2h26
VOST
De :
Ildikó Enyedi
Image :
Gergely Pálos
Scénario :
Ildikó Enyedi
Musique :
Gábor Keresztes & Kristóf Kelemen
Avec :
Tony Leung Chiu-Wai, Luna Wedler, Léa Seydoux
Séance(s)

Sam. 07 Mars / Espace des Arts GE / 20H15

Sam. 07 Mars / Espace des Arts GE / 20H15

Dans un jardin botanique, un arbre veille et observe, témoin patient des siècles. En 1908, il suit Grete, qui lutte pour exister dans un milieu qui l’ignore. Dans les années 70, il voit Hannes s’éveiller à l’amour et au monde des plantes. Aujourd’hui, le vieil arbre parle avec Tony dans son langage secret. Autour de lui, certains se cherchent, d’autres se rencontrent. Lui demeure, ami silencieux, dans un temps plus vaste que le leur.
Un film ample, fascinant et profond qui traverse le siècle et expose deux rythmes de vie : celui de l’homme et celui de la nature. “Inspirer – expirer”. Environ seize fois par minute pour les humains. Une fois par jour pour les arbres. Voici une histoire dans laquelle ces deux rythmes se rencontrent.

Prix Marcello Mastroianni du meilleur espoir à Luna Wedler et Prix Fipresci, Venise 2025
Meilleure photographie, Chicago International Film Festival 2025
Épi d’argent, Valladolid 2025
Grand Prix du Jury, La Roche-sur-Yon 2025
Prix de la Meilleure photographie, Les Arc 2025

Critique(s)

Tournant autour de l’existence d’êtres qui n’ont pas le même rythme que nous, humains, "Silent Friend", en s’intéressant aux réseaux de rhizomes, aux pulsions électriques qui relient les plantes, comme à leur réponse à des stimuli extérieurs, questionne la capacité d’observation comme de communication de celles-ci. Dans une mise en scène où le contemplatif (de multiples détails de feuillages, fleurs, ramures…) côtoie des simulations en images de synthèses du système radiculaire, le film questionne aussi notre capacité, à nous humains, à communiquer et à faire preuve de bienveillance (envers les femmes, envers d’autres manière de penser ou d’être). D'une fascinante beauté et d'une étrange tonalité, il s'agit là d'un des grands favoris pour le palmarès de ce samedi soir.Abusdecine.com, Olivier Bachelard, 06/09/2025
Les trois parties de « Silent Friend », où l’on évoque les âmes et le sexe des plantes, racontent des quêtes émerveillées de savoir mais il s’agit aussi de trois récits de solitude et de rejet. Enyedi se penche sur différentes époques, différentes étapes du savoir scientifique, et différentes étapes de la place laissée aux femmes et aux minorités dans cette course à la connaissance ultime. L’autre point commun entre ces explorateurs solitaires, c’est un arbre centenaire (sans doute l’ami silencieux évoqué par le titre du film) planté majestueusement en plein milieu du campus. Ce dernier a beau être considéré comme un temple du savoir, le film nous parle aussi beaucoup de tout ce qui n’est pas encore su, ce qui est tu ou qui n’est pas compris. « Et si les plantes nous observaient, tout comme nous les observons ? » se demande un autre personnage. Ces récits nous sont racontés comme en sourdine, reliés par une série d’échos singuliers et de visions poétiques parfois abstraites qui finissent par prendre autant d’importance que le scénario en lui-même. Ildikó Enyedi ne fait pas que miroiter un langage naturel (sa mise en scène laisse énormément de place à la nature, ses bruits, son silence, son rythme et son mystère), et en nous invitant à réinventer notre place dans le monde qui nous entoure, elle retrouve ici la puissance de la métaphore onirique et politique de ce qui était jusqu’à aujourd’hui son meilleur film, « Corps et âme ».Lepolyester, Gregory Coutaut, 07/11/2025
« Silent Friend » est un film étrange qui célèbre la complexité des arbres, des plantes et des fleurs, envisagés comme des organismes non seulement doués de vie mais aussi, peut-être, de raison et de sentiments. Ils interagissent avec les humains en tout cas. Qui en apprennent sur eux-mêmes. Leçon de modestie teintée de cocasserie, le film est un éloge de la curiosité, de l’expérimentation, tendues vers l’inconnu, porteur de vertu. Une femme, un immigré mal vu (Tony Leung a fort affaire avec un gardien de parc raciste), un rural brocardé par des citadins : c’est tout un rapport à autrui qui est joliment repensé à partir du ginkgo et des fleurs, mises en beauté à travers un florilège d’images grossissantes. Où leur éclosion est spectaculaire. En termes plastiques et chromatiques, « Silent Friend » est sans doute ce qu’on a vu de plus surprenant dans cette édition 2025. « Silent Friend » réunit pas mal d’atouts pour, lui aussi, faire partie du palmarès.Télérama, Jacques Morice, 06/09/2025

Bande Annonce / Extrait

Ces films pourraient vous plaire