Film des invités

CACHÉ

France, Autriche, Allemagne, Italie
2005
1h55
De :
Michael Haneke
Image :
Christian Berger
Scénario :
Michael Haneke
Musique :
Ralph Rieckermann
Avec :
Daniel Auteuil, Juliette Binoche, Lester Makedonsky, Annie Girardot, Maurice Bénichou
Séance(s)

Mar. 03 Mars / Megarama / 13H30

Mar. 03 Mars / Megarama / 13H30

Georges, journaliste littéraire, reçoit des vidéos de sa maison filmées clandestinement depuis la rue ainsi que des dessins inquiétants et difficiles à interpréter. Il n’a aucune idée de l’identité de l’expéditeur. Peu à peu, le contenu des cassettes devient plus personnel, ce qui laisse soupçonner que ce dernier connaît Georges depuis longtemps. Georges sent qu’une menace pèse sur lui et sur sa famille, mais tant qu’il n’y a pas de véritable agression, la police lui refuse son aide…

Un polar diabolique doublé d’une réflexion sur l’image et la manipulation (Critikat).

Présenté par Philippe Rouyer
Philippe Rouyer dédicacera son livre HANEKE par HANEKE  au stand de la librairie La Mandragore à l’accueil du festival.

En présence de
Philippe ROUYER

Prix de la Mise en scène, Prix de la Critique Internationale (Fipresci)& Prix du Jury œcuménique, Festival de Cannes 2005
Meilleur Réalisateur, Meilleur Acteur, Meilleur Monteur, Meilleur Film, Prix Fipresci, European Film Awards, 2005
Meilleur Film étranger, Los Angeles Film Critics Association Awards 2005

Critique(s)

“Caché” (...) est à bien des égards un objet paradoxal, l'aboutissement des recherches formelles et thématiques de Michael Haneke, en même temps que son film le plus accessible.Positif n°536, N. T. Binh, 10/2005
C’est un film splendide et vertigineux, riche de réflexions sur les blessures d’enfance à jamais béantes, la solitude face aux démons intérieurs, les ravages du secret dans un couple, la manière dont la culpabilité ronge un individu et la revanche du refoulé. “Caché” souligne la nécessité, chez un homme, d'opérer un flash-back thérapeutique, et par extension, chez un peuple, de regarder son passé en face. Ce poignant drame individuel prend une dimension universelle.Le Monde, Jean-Luc Douin, 17/05/2005
Michael Haneke est un cinéaste théorique et il réalise des films à thèse. Mais, soit la thèse émerge à la surface froidement maîtrisée du film et paraît alors d'une clarté embarrassante (“Funny Games” et son jeu sur la jouissance/répulsion que provoque la violence), soit elle demeure forclose dans le cachot sans porte ni fenêtre du film, laissant le spectateur avec ses questions. Mais dans le glissement de son pays d'origine, l'Autriche, à la France, une œuvre à la cohérence impressionnante s'élabore, dans un entre-deux, une sorte de chien et loup où se disputent une véritable expérimentation et la tentation d'un académisme perso toujours en chantier.Libération, Didier Péron, 16/05/2005
“Caché” est un thriller admirablement maîtrisé qui distille le malaise pendant près de deux heures, sans jamais lâcher le spectateur. Un polar diabolique doublé d’une réflexion sur l’image et la manipulation : à plusieurs reprises, des plans que l’on croit faire partie du récit sont soudain commentés en voix off par les protagonistes ou interrompus par un rembobinage rapide – on comprend alors qu’il s’agit des vidéos destinées à effrayer Georges. La vie des personnages, les vidéos tournées clandestinement et les extraits de l’émission littéraire de Georges se confondent constamment. L’effet est à la fois génial et troublant. Comme s’il n’y avait pas de différence entre la vie réelle et les images. Quel sens donner à celles-ci ? Que racontent-elles ? Qui regarde quoi ? Qui peut en vouloir avec sa vie? Et si le grand manipulateur n’était autre que le cinéaste lui-même ?Arte Boutique
“Caché”, plus encore que d’autres films, révèle combien l’image peut être à la fois matériau et objet d’un certain cinéma. Le cinéaste allemand Michael Haneke donne ainsi à voir, dans cette œuvre au réalisme exacerbé, une trame cinématographique évidente, un cadrage serré et de longs plans fixes. Tout cela concourt à la tension angoissante de cette étrange machination qui permet d’interroger l’histoire d’un individu en regard de l’histoire de l’humanité (…) Est-il finalement nécessaire de connaître l’auteur de la manipulation de Georges ? Si personne ne peut être clairement mis en cause, la responsabilité n’incombe-t-elle alors pas à tout le monde ? Le regard du réalisateur semble s’orienter surtout vers une interrogation sur la responsabilité, dans une humanité responsable où l’homme demeurerait vigilant afin d’éviter la récurrence des erreurs et des fautes du passé. Pour vivre heureux, semble dire Michael Haneke, il ne convient pas de rester caché derrière les crimes passés, mais il faut au contraire accepter de les porter au grand jour. Le présent serait ainsi moins sombre et le futur, s’il n’était pas meilleur, un peu plus lumineux.Critikat, Sophie Labeille & Philippe Rocher, 04/10/2005

Bande Annonce / Extrait

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