Classification festival

EVE (ALL ABOUT EVE)

États-Unis
1950
2h18
VOST
Version restaurée 4K
De :
Joseph L. Mankiewicz
Image :
Milton R. Krasner
Scénario :
Joseph L. Mankiewicz
Musique :
Alfred Newman
Avec :
Bette Davis, Anne Baxter, Georges Sanders
Séance(s)

Mar. 03 Mars / Megarama / 9H45

Sam. 07 Mars / Megarama / 9H45

Mar. 03 Mars / Megarama / 9H45

Sam. 07 Mars / Megarama / 9H45

Ève Harrington, jeune femme ambitieuse, est une admiratrice passionnée de la star de Broadway, Margo Channing. S’attirant la sympathie de l’épouse d’un auteur dramatique, Lloyd Richards, Ève parvient à faire la connaissance de son idole. Celle-ci, bouleversée par le récit des épreuves qu’elle a traversées, l’engage comme son assistante. Son ascension va être fulgurante.

Grinçant, caustique, acéré, plein d’esprit, brillant, féministe : “Eve” est souvent donné pour le meilleur film de Mankiewicz.

Présenté par N.T. Binh
N. T. Binh dédicacera son livre Joseph L. Mankiewicz. Le jeu des formes Vincent Amiel, N. T. Binh, José Moure (dir.), au stand de la librairie La Mandragore à l’accueil du festival.

En présence de
N. T. BINH

Meilleur film, Meilleure réalisation, Meilleur scénario adapté, meilleur acteur dans un second rôle, Oscar 1951
Prix Spécial du Jury & Prix d’interprétation féminine, Cannes 1951

Critique(s)

Peu de films sont brillants d’emblée sans se dédire par la suite, et concentrent dans leur ouverture toute la sève, le sel de leur génie. À ce titre, “All About Eve” (le titre original, traduit lapidairement par Ève en français, a son importance) est un petit bijou de malice, de cruauté et d’intelligence. Dans cet incipit mordant, Mankiewicz se pose comme chef d’orchestre, et observateur satirique, d’un petit monde cupide : le théâtre. Au cœur de la salle de réception de la Sarah Siddons Society, qui récompense la crème des comédiens lors d’une cérémonie mondaine, Mankiewicz lance les dés de son jeu favori. Examiner l’ascension, l’opportunisme, les bassesses de la célébrité et son envers pourri. C’est l’obsession de sa filmographie, et déjà le sujet de “La Comtesse aux pieds nus”, sorti quatre ans plus tard.Trois Couleurs, Léa André-Sarreau, 11/09/2025
Dans “All about Eve”, le jeu de construction, qui est aussi un jeu d’assemblement de diverses subjectivités, semble relever d’une mise en abyme sinon ludique, du moins malicieuse : le film devient le récit de récits – plus encore, il est le récit cinématographique de récits théâtraux, et devient en quelque sorte le miroir déformant – mais ressemblant – des enjeux mêmes de sa diégèse… Cependant, la multiplicité de points de vue semble être la condition d’une unité – unité éminemment fictive, puisqu’elle consiste en la construction d’un personnage qui ne semble exister que par le regard d’autrui (regard des personnages qui gravitent autour de lui, le racontent et par là même, le créent aux yeux des spectateurs, mais aussi regard de ces spectateurs auxquels il revient de dégager la cohérence du portrait).Critikat, Alissa Wenz, 24/03/2015
“All about Eve” s’impose, entre autres qualités, comme un modèle d’architecture scénaristique à la fois très complexe mais jamais obscure, faite d’incessants flash-backs sur des personnages différents, ce qui donne au film une ampleur exceptionnelle. Mankiewicz est également un grand dialoguiste : il utilise la parole comme une arme, à l’efficacité redoutable. C’est d’ailleurs les dialogues, souvent réversibles, qui dictent ici la mise en scène. A l’époque, cette satire sociale épinglant arrivisme, fragilité psychologique, tendance à la paranoïa, peur du vieillissement et de la confrontation avec soi-même, visait d’abord l’Amérique des années 50. Aujourd’hui, elle s’avère lumineusement universelle.Les Inrockuptibles, Olivier Nicklaus, 07/06/2007

Bande Annonce / Extrait

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