Les Films du festival

LE VEILLEUR

France, Belgique
2024
1h17
VOST
De :
Lou du Pontavice, Victoire Bonin Grais
Image :
Victoire Bonin Grais
Musique :
Camille El Bacha
Séance(s)

Jeu. 05 Mars / Espace des Arts SN / 13H45

Jeu. 05 Mars / Espace des Arts SN / 13H45

Guangdong et sa femme Baoyan ont organisé toute leur vie autour de l’éducation de leur fils unique, élève à la prestigieuse académie de musique de Pékin. Mais maintenant que Zhaohang donne corps au rêve de ses parents et part à l’étranger pour mener sa carrière, ils vont devoir affronter cette absence et lui donner un sens.

Un documentaire très sensible sur le lien entre parents et enfant malgré la distance, sur fond d’une Chine en pleine mutation.

Prix du film sur l’art, Brussels Art Film Festival 2025
Prix SACEM de la musique originale, FIPADOC 2025
Meilleur film, Black Nights Film Festival de Tallinn 2024

Critique(s)

«L’enjeu est de faire comprendre aux spectateurs, sans interviews et par la seule mise en scène, les enjeux majeurs d’un quotidien strictement réglementé. Le rythme de chaque plan doit laisser le temps aux mots d’émerger et à l’intime de s’exprimer. Des fissures apparaissent peu à peu dans leur mode de vie rigoureusement réglé. Nos images racontent ce fossé qui se creuse entre deux existences dont les chemins ont divergé à l’aéroport, le jour même du départ de Zhaohang».Propos de Lou du Pontavice & Victoire Bonin Grais
Ce n’est donc pas un film politique, qui dénoncerait l’emprise de l’État sur la société (il y aurait eu pourtant tant à dire sur l’attitude des autorités communistes pendant la pandémie). Mais un portrait de famille avec quand même en arrière-plan toutes les dérives du système chinois (destruction des vieux quartiers remplacés par d’horribles concentrations de gratte-ciel inhabitables : le matin Guangdong traverse des champs de gravats pour se rendre au travail ; exploitation de la main d’œuvre contrainte de travailler pour des salaires de misère et à coucher dans des dortoirs collectifs). Mais c’est un film d’espoir, sur ce que peuvent des individus modestes mais décidés (exceptionnels – on le répète – comme le vigile Guangdong), afin de donner une chance de meilleure vie à leur enfant, avant de partir eux-mêmes (peut-être) pour l’étranger.Il était une fois le cinéma, Jean-Michel Ropars
Ancrées dans l’intimité de ce couple de quinquagénaires, Lou du Pontavice et Victoire Bonin Grais, qui signent ici leur premier long métrage, s’attachent aux détails et aux silences pour donner corps à ces existences invisibilisées, noyées dans l’immensité de la ville. Au fil de longs plans, se déploient la routine, les trajets, les nuits de travail. Le temps s’étire, l’attente s’installe entre deux nouvelles du fils. Le couple, uni, campe sur la plage de Qingdao, au pied des gratte-ciel. Guangdong rêve à son tour d’un départ. À des milliers de kilomètres, Zhaohang confie sa crainte de ne pas être à la hauteur de leurs attentes… Le film explore avec finesse les liens familiaux mis à l’épreuve par l’éloignement et la pression sociale dans une Chine en pleine mutation. Derrière la vitrine de l’essor économique, il pose un regard attentif et sensible sur une main-d’œuvre peu considérée, des vies fragiles, des espoirs, révélés par une esthétique sobre et maîtrisée.Télérama, Isabelle Poitte, 06/10/2025

Bande Annonce / Extrait

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