Film des invités

L’ÉTRANGER

France
2025
2h03
NB
De :
François Ozon
Image :
Manuel Dacosse
Scénario :
François Ozon avec la collaboration de Philippe Piazzo, d’après le roman “L’Étranger” d’Albert Camus
Musique :
Fatima Al Qadiri
Avec :
Benjamin Voisin, Rebecca Marder, Pierre Lottin, Denis Lavant
Séance(s)

Ven. 06 Mars / Megarama / 13H45

Ven. 06 Mars / Megarama / 13H45

Alger, 1938. Meursault, un jeune homme d’une trentaine d’années, modeste employé, enterre sa mère sans manifester la moindre émotion. Le lendemain, il entame une liaison avec Marie, une collègue de bureau. Il reprend sa vie de tous les jours quand son voisin, Raymond Sintès, vient perturber son quotidien en l’entraînant dans des histoires louches jusqu’à un drame sur une plage, sous un soleil de plomb…

Le film, servi par un sublime noir et blanc, offre une lecture contemporaine du roman homonyme d’Albert Camus.

En présence de
Manu DACOSSE (sous réserve)

Sélection officielle, Mostra de Venise 2025

Critique(s)

François Ozon s'attache à porter à l'écran cette idée d'incarner à travers un seul personnage l'absurdité du monde, et la vanité des hommes à vouloir donner un sens et une morale à ce qui n'en a pas. Camus exprime cette idée par un récit introspectif. Par la voix de Meursault, à la première personne, il déroule les événements qui jalonnent son existence, depuis l'annonce de la mort de sa mère jusqu'à sa propre mort, et la manière dont il les vit. Au cinéma, Ozon fait le choix d'une caméra ne quittant presque jamais Meursault. Benjamin Voisin, filmé sous tous les angles dans un noir et blanc tranché, donne chair, par sa présence lumineuse, à ce personnage béant, qui ressemble sur le papier davantage à une idée ou à une question qu'à un être humain.France Info Culture, Laurence Houot, 26/10/2025
Ozon signe un film sensoriel d’une grande perspicacité, porté par une indéniable conscience de mise en scène. Débutant son adaptation sur un versant littéraire mais jamais littéral, utilisant à son profit les décors urbains – froids et neutres, comme son héros – captés dans un noir et blanc carcéral, il initie un mouvement tout en crescendo vers un final débarrassé du discursif et entièrement raconté du point de vue des corps. Des peaux solitaires brûlées par le soleil et par les désirs interdits qui trouvent leur acmé tragique dans un paroxysme de violence et d’érotisme libérés. Entre fidélité et trahison à la matrice romanesque, entre expressionnisme et surréalisme dans sa tonalité, « l’Etranger » de François Ozon, brillamment interprété par Benjamin Voisin, semble surgir des limbes. Irradié et désespéré.Le Nouvel Obs, Xavier Leherpeur, 28/10/2025
Avec un noir et blanc d’une grande beauté, tout en ombres et lumières, François Ozon fait de son Etranger un film d’une sensualité irradiante. De Benjamin Voisin à Pierre Lottin, en passant par Rebecca Marder ou Denis Lavant, son casting repose sur des acteurs, tous impeccables, dont il appuie la présence physique à l’écran. Sa mise en scène éclaire en sous-main Meursault d’un rapport à la vie inscrit dans la matérialité du monde – la mer, le soleil, les paysages, les corps… Le tout culminant dans une scène de meurtre montée en une suite de gros plans à l’indéniable dimension crypto-gay, ouvrant là encore par l’image une autre lecture de ce qui se joue à l’écrit.Le Monde, Boris Bastide, 28/10/2025

Bande Annonce / Extrait

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